Bibliothèque en bois massif

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L'histoire

On dit que chaque meuble a une histoire …

Idee mobilier authentique

Et celle de la bibliothèque est vraiment ahurissante. Si bien que vous ne me croirez pas. Et pourtant …
Une bibliothèque selon la définition Laroussienne est :
> Une collection de livres, de périodiques et de tous autres documents graphiques et audiovisuels classés dans un certain ordre.
> Local ou édifice destiné à recevoir une collection de livres ou documents qui peuvent être empruntés ou consultés sur place.
> Meuble à rayonnages dans lequel sont rangés les livres.

A ce stade nous n’avons rien appris. Et pour cause, il n’y a pas d’histoire. Reprenons celle-ci pour mieux apprécier les trois lignes ci-dessus.
Nos très lointains ancêtres qui peignaient sur les murs des bêtes à cornes et des projectiles longitudinaux ne se posaient pas trop de questions. Et pour cause, la paroi de la grotte étant difficilement déplaçable, la bibliothèque était à la fois le bâtiment ET le livre. Fort pratique car cela évitait la dégradation ou le vol de l’ouvrage. Cela obligeait la plèbe à sortir de chez elle, faire des rencontres, de tisser un lien social, et de rencontrer les érudits. En gros cette grotte était une sorte de Tinder, de coupe du monde de foot et d’éducation nationale réunit. Trop fort ces australopithèques.

Cependant il y avait également un inconvénient majeur : c’était toujours la même histoire. Le délai pour avoir l’épisode suivant était abominablement long et certains ne connurent jamais l’épisode deux. Kévin allait-il dire la vérité à Kimberley ? Sophia aime-t-elle vraiment Dylan ? Pourquoi John s’est-il mordu la langue ?
Impossible de savoir. Drame.
Heureusement, pour terminer cette série épique et antique digne de Games of Throne, l’homme a de la ressource. Il suffisait de faire des pages de grotte plus petites. Et comme elles étaient plus petites, autant inventer l’écriture pour y mettre plus de choses, et en même temps inventer le cauchemar des élèves, j’ai nommé :
L’orthographe et la grammaire ! Nan mais franchement …

Beaucoup se sont essayés à l’écriture, mais peu savaient manier le maillet et la pointe à tailler comme il fallait (relire cette phrase à voix haute et lentement 🙂 ). De la poésie, des rédactions techniques, des essais philosophiques tout y passait. Comme personne ne savait lire, seul l’auteur comprenait ses gravures. Et aujourd’hui, des centaines d’archéologues s’évertuent à déchiffrer ses pierres. Alors que ça pourrait être juste une recette de pois chiche …

Les dessinateurs ont bien essayé de continuer leur paluchades colorées, mais la bande dessinée n’avait pas la cote. Les histoires de marteau magique, d’homme volant, et de monstre vert n’ont jamais vraiment trouvé leur public. Trop tôt.

Une poignée de siècles plus tard, entre les galettes de riz en Chine ou le papyrus en Egypte, la gravure a fait place à la plume et l’encre. Les parchemins étaient présentés sous forme de rouleau car la matière était trop sensible à la pliure, qui avait pour effet de rompre les fibres. Sauf que, ranger des rouleaux devenaient un vrai problème. D’une part, comment écrire le résumé de l’histoire sur la si petite surface du bout du rouleau ? Comment y rajouter le nom de l’auteur ? Les rouleaux étaient donc entassés à plat dans des grandes cases mais la qualité du rangement laissait à désirer. Seul le gérant de cet espace littéraire savait ou retrouver le parchemin qui indiquait les horaires des prochaines marées, la date d’édition de la gazette locale, ou même le programme politique. La séparation de l’objet avec le meuble était clair mais finalement peu pratique.

Il faudra attendre encore des siècles pour voir l’apparition du livre, ses formes et ses épaisseurs différentes. En effet, alors que Gutenberg jouait avec sa tétine, des moines recopiaient des ouvrages encore et encore. Si le moine écrivait petit, il faisait un format poche, s’il écrivait gros, on lui réservait seulement les titres. Chacun ses compétences. Les moines étant devenus des spécialistes de la photocopie et collectionneurs d’ouvrages, avaient un intérêt particulier pour la bibliothèque (le bâtiment) souvent en pierre pour (théoriquement) protéger les livres. Les meubles de cette époque en bois, souvent joliment travaillés, n’avaient qu’une fonction pratique : donner plus de classification possible que les murs en pierres.
Ainsi la plupart des grandes bibliothèques, sont droites et pragmatiques, délaissant toute notion de décoration.

Heureusement de nos jours les bibliothèques peuvent devenir un peu plus fun. La collection de (très) nombreux livres est souvent réservé aux bibliophiles qui aiment tant l’objet, que le meuble qui est censé le mettre en valeur en devient inutile. Il n’est pas rare de voir des bouquins s’entasser ici et là. Et cela ne gêne point le propriétaire qui en fait son royaume, son jardin secret. Pour le reste (la majorité), il faut jongler entre les gros livres d’images, les romans du petit sorcier binocleux, les guides du routard (presque neuf), et les livres de développement personnel. Pas la même taille, pas les mêmes épaisseurs, autant ne pas les classer et les ranger de manière décorative !
C’est là qu’intervient la bibliothèque déstructurée ! Finito les lignes continues, la logique, le pratique à outrance est révolu !

Alors oui, à ce point, vous me direz que vous n’aurez rien appris sur la véritable histoire de la bibliothèque ! Je sais. Mais j’espère vous avoir fait passer un agréable moment. 😉

la vérité

J’ai rencontré ma cliente au Salon MIF de la Porte de Versailles en Novembre 2022. Cela faisait un moment qu’elle réfléchissait à habiller le mur derrière sa télévision. Elle avait contacté des menuisiers pour réaliser son idée. Malheureusement ceux-ci ne se déplacent pas sur place pour constater ce qu’il est possible de faire. Il fallait qu’elle donne les dimensions et celui-ci venait seulement pour l’installation. Si la cliente s’était trompé dans les mesures, c’était tant pis pour elle ! 🙁

A la Manufacture Tellier, on se déplace pour prendre des mesures, on discute beaucoup du style à adopter, de l’intégration du meuble dans son l’environnement, des contraintes. Il ne s’agit pas seulement de la fabrication d’un meuble, ce sont aussi des conseils sur le bon choix des matériaux (par exemple).

Dans le cas présent, la teinte et l’aspect du meuble central à tiroirs imposait l’emploi d’épicéa pour garder l’homogénéité esthétique de l’ensemble.

J’ai donc proposé deux versions : une 100% bois et une autre mélangeant acier et bois. L’idée globale de l’étagère était satisfaisante, mais son côté trop pratique, trop simple, la rendait triste. Elle voulait également l’inclusion de petits placards.
J’ai fait une troisième version en partant de la base avec acier. Malheureusement, cette version avec une structure en acier demandait beaucoup de travail et le devis ne rentrait pas dans le budget de ma cliente.

Elle souhaitait aussi un côté plus esthétique, et « déco » et m’a envoyé une image d’étagère déstructurée qui lui plaisait beaucoup. J’ai revu ma copie en proposant une quatrième version 100% bois, mélangeant les dimensions des espaces, petits placards, et rentrant dans le budget prévu.

Les portes de placards dans l’étagère sont « entrantes » afin de ne pas dénaturer le profil de l’ensemble. Alors les portes des placards en bas, restent à l’extérieur comme tenu de la profondeur plus importante.

Voici les deux premières versions. La première série d’images montre le modèle 100% bois, et la seconde avec une structure en acier.
Troisième version incluant des petits placards dans la partie haute. Toujours avec une structure acier.
Voici la version finale de la bibliothèque avec deux placards en bas et des étagères déstructurées.

Il y a eu peu de photos durant la réalisation et pas suffisament de film pour faire une vidéo 🙁

Données techniques

Dimensions en Cm (L x l x h) : 204 x 50 ou 25 x 233
Panneaux en épicéa de 18 mm d’épaisseur
Deux placards en bas de 50 x 30 cm hauteur 81 cm, porte extérieures
Deux placards en haut, portes entrantes